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Le temps invisible de la vie


Il y a des périodes dans la vie où tout semble ralentir. Pas forcément parce que quelque chose va mal, mais parce que quelque chose se réorganise en profondeur.


Janvier est souvent perçu comme un mois de transition, un moment où l’on attend que l’élan revienne, que les projets reprennent, que le mouvement redémarre. Et pourtant, dans la nature, c’est un temps d’activité intense. Sous la surface, là où rien ne se voit encore, tout est déjà en train de se préparer. Les racines s’étendent, la sève se met en mouvement, les graines se transforment dans l’obscurité.


Ce temps invisible n’est pas un vide. C’est un travail silencieux.

Je ressens profondément que nous fonctionnons de la même manière.


Créer autrement, avancer autrement



Je traverse une période où je ne peux plus avancer comme avant. La création est devenue mon axe central, comme une évidence.

Créer, aujourd’hui, n’est plus pour moi une question de production ou de résultat. C’est une manière d’écouter. D’habiter le présent. De respecter un rythme plus juste, plus organique. J’apprends à ne plus forcer les mouvements, à laisser les choses se déposer avant de prendre forme.


Cette lenteur n’est pas un frein. Elle est un socle.

Dans ce même mouvement, ma relation au chemin intérieur s’est profondément simplifiée. J’ai ressenti le besoin de rester proche du vivant, du réel, de l’expérience directe. L’acceptation est devenue un point d’appui. Non pas une résignation, mais un sol à partir duquel les choses peuvent réellement évoluer. Accueillir ce qui est ne m’empêche pas de créer ma vie ; cela me permet au contraire de laisser émerger un mouvement plus juste, sans tension ni violence intérieure.


Quand l’art devient présence


C’est depuis cet espace que mon rapport à la peinture a changé.

Une œuvre n’est pas seulement quelque chose que l’on regarde. Elle agit. Elle porte une qualité de présence qui imprègne l’espace dans lequel elle se trouve. Elle modifie subtilement l’atmosphère d’un lieu, comme une respiration silencieuse.


Je le constate souvent : lorsqu’une personne s’arrête devant une toile, le regard ralentit. Le corps se détend. Quelque chose se déplace à l’intérieur, sans qu’il soit nécessaire de comprendre ou d’analyser. Une œuvre devient alors un miroir, mais aussi un refuge. Un espace où l’âme peut se reposer.


Ce que nous créons imprègne notre environnement. Les lieux que nous habitons nous influencent profondément, bien au-delà de ce que nous imaginons.

Lorsque je peins, je cherche à créer des espaces de paix et de présence. Des sanctuaires discrets, mais vivants. Des œuvres qui soutiennent le vivant, qui apaisent, qui offrent un point de repos dans le quotidien. Une peinture peut transformer une pièce, non seulement par ce qu’elle montre, mais par ce qu’elle porte.


Peindre est ma manière la plus simple d’habiter le monde.


La lenteur comme intelligence du vivant


Nous vivons dans un monde qui valorise l’action, la visibilité, le résultat. Et pourtant, tout ce qui est vivant traverse des phases invisibles. Il existe une lenteur féconde, une lenteur habitée, une lenteur qui prépare et qui aligne.


Il n’existe pas de rythme universel. Il existe des rythmes vivants, mouvants, singuliers.

Si vous traversez une période plus intérieure, plus silencieuse, il se peut que rien ne soit bloqué. Il se peut simplement que quelque chose se prépare, profondément, hors du regard. Peut-être êtes-vous en train de vous enraciner avant de refleurir.

Je crois de plus en plus en une vie qui n’a pas besoin d’être corrigée pour être vraie.


Une lettre pour prolonger cette présence


Chaque mois, j’écris une lettre dans laquelle je partage mes actualités artistiques, ainsi qu’un texte inspirant autour de la création, de la vie et des prises de conscience qui émergent en chemin.

Si ces mots résonnent en vous, si vous avez envie de prolonger cette exploration, vous pouvez vous inscrire à ma newsletter directement sur mon site.



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